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Histoire de l'Humanité (1) - Lucy

(Reconstitution de Lucy, australopithèque Afarensis , dont les ossements sont découverts dans l’Afar en Ethiopie, datant de 4 millions d’années)

 

Nos ancêtres les premiers hominides

 

Nos premiers ancêtres étaient les hominidés, vivant dans les forêts tropicales d’Afrique. Les ossements les plus célèbres sont ceux de Lucy l’arrière-arrière-arrière…, grand-mère de toute l’humanité.  

 

Les anthropologues ont développé plusieurs théories à partir des ossements découverts dans les fouilles archéologiques, comme dans les terres argileuses qui bordent les fleuves et les rivières, partout où les hominides pouvaient laisser des traces de vie et de campements. A partir de ces ossements et de ces théories, ils ont pu reconstituer les aspects physiques et sociologiques de la vie de ces premiers hominidés dont la lignée (Australopithèque) est apparue juste après la séparation entre les branches homme/chimpanzé il ya 8 à 10 millions d’années.    

 

L'arrière-arrière-grand-père de la race humaine n’était pas très beau à voir. Il était trapu et petit. Beaucoup plus petit que l’homme d’aujourd’hui. Buriné par une exposition incessante aux rayons du soleil et au froid mordant de l’hiver, il était en plus couvert de la tête aux pieds d’un poil noir et grossier. Ces mains ressemblaient à celles des singes avec de longs doigts. Mais contrairement aux singes, il avait un front moins bas, des pommettes plus hautes et une puissante mâchoire de carnivore pouvant à la fois déchiqueter et mâcher la chair de ses proies.

 

Comme les pygmées d’Afrique, il vivait dans de vastes forêts obscures et humides, et quand il avait faim il mangeait des feuilles et des racines, il chapardait dans les nids d’oiseaux pour donner des œufs à gober à ces petits et de temps en temps, après une longue attente à l’affût des arbres, il attrapait un moineau, un chien sauvage ou encore un lapin qu’il dévorait tout cru car n’ayant pas encore découvert ni le feu ni le goût de la viande grillée. Son régime alimentaire varié (omnivore), qui lui a permis une plus grande adaptabilité aux changements de son environnement, a joué un rôle moteur dans l’évolution de l’homme australopithèque vers l’homosapiens et par la suite, l’homme moderne.

 

A l’instar des grands singes, il passait ses journées à chercher de la nourriture. Mais contrairement à ses cousins primates, il ne consommait pas tout sur place car il avait appris qu’en se mettant debout, il pouvait parcourir de grandes distances et emporter sa nourriture avec lui. Nous verrons un peu plus loin que cette "compréhension" eut un impact crucial sur son évolution.

 

A la nuit tombée, il cachait sa femelle et ses petits dans le creux d’un arbre ou derrière de gros rochers pour les protéger des bêtes féroces dont c’était l’heure de la chasse, et qui appréciaient particulièrement la chair humaine. C’était un monde sans répit où vous deviez manger les autres animaux ou être mangé par eux.

L’été, il était brûlé par les rayons du soleil et l’hiver les plus faibles de son groupe mourraient de froid.

 

A la chasse ses proies se défendaient, lui infligeant des blessures qui, quand elles ne le tuaient pas sur le coup, s’infectaient systématiquement entrainant une mort dans d’horribles souffrances. Il ne savait pas encore prendre soin de lui.

Comme les autres animaux, il aimait bien vocaliser répétant toujours les mêmes sons inintelligibles car il aimait entendre le son de sa voix.

Par la suite, il apprit à utiliser le son guttural pour prévenir les membres de son groupe de l’imminence du danger et avec un peu d’entrainement, ces cris sont devenus plus variés et plus spécifiques quand à la nature du danger, comme par exemple "Tigre"  ce qui veut dire : danger immédiat, ou encore "Troupeau d’éléphants", suite à quoi les autres lui répondaient par un grognement "on le voit" ou bien "s’enfuir, se cacher".

 

Et c’est probablement comme ça que notre ancêtre hominidé a commencé à baragouiner une première forme de langage ! 

     

 

Cet ancêtre n’a malheureusement pas laissé beaucoup de traces à étudier. Il ne fabriquait pas d’outils et ne construisait pas ses maisons. Seuls, quelques ossements témoignent de son existence comme cette mandibule, découverte en Ethiopie avec encore deux de ses dents.

 (Mandibule d’hominidés datée de 4,5 millions d’années et découverte par l’équipe du Paléontologue  Sileshi Semaw).

http://www.sciencedaily.com/releases/2005/01/050121091108.htm

 

A l’inverse de ce que les anthropologues pensaient il y a à peine 10 ans, les premiers hominidés ressemblaient plus, et à plus d’un point de vue, à l’homme moderne qu’à ses cousins primates gorilles et orang-outan.

 

Le dimorphisme sexuel ou différence de taille et de stature entre les males et femelles, était beaucoup moins marqué que chez les gorilles, ce qui laisse supposer que les contemporains de Lucy entretenaient des relations intra-groupe basées plus sur la coopération et moins sur l’affrontement entre mâles comme c’est le cas chez les autres grands singes.

 

Mais c’est surtout ses capacités à se tenir debout et à se déplacer n’utilisant que ses membres inférieurs, qui les premiers l’ont différencié des autres primates, lui donnant son unique nature "humaine" et avec elle, les fantastiques possibilités d’évolution par une adaptation continue à son environnement.

 

Les études scientifiques les plus récentes tendent à montrer que la marche demande moins d’effort au bipède qu’au quadrupède, moins d’effort et bien entendu moins de besoins en énergie.

Les changements climatiques qui se produisirent à la fin du Miocène, ont eu pour conséquence une raréfaction de la nourriture à certains endroits, entrainant une augmentation des distances à parcourir pour en trouver, ainsi que le besoin de porter stocks de nourriture et enfants pendant le déplacement. Notre ancêtre a donc appris à utiliser ses membres inférieurs pour la marche et supérieurs pour porter.

 

La sélection naturelle avait eu, dans ce cas, tendance à favoriser les individus pouvant parcourir la plus grande distance, étant capables de transporter le maximum de choses tout en consommant le moins d’énergie possible.

 

Nécessité faisant loi, notre ancêtre hominidé s’est mis debout et commença à parcourir de plus grandes distances portant dans ses bras ses petits et/ou son stock de nourriture. Ce faisant, il va radicalement changer son comportement au sein du groupe, devenant moins agressif envers les autres mâles, et plus coopératif avec sa femelle que ne le sont ses cousins les grands singes.

Grâce à ses déplacements, il va apprendre à maîtriser le feu et se répandre sur tous les continents. 

 

FRENCHY

23 novembre 2008

http://www.sciencedaily.com/releases/2003/08/030807075457.htm

http://www.hominides.com/html/ancetres/ancetres_australo.html

http://www.about-houstontx.com/famous-fossil-lucy-has-arrived-in-houston/

 

 
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