Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 14:12

Chaleureuse-embrassade--avril-2008.jpgDans " De l’Esprit des Lois" Charles-Louis de Secondat baron de  Montesquieu disait que chaque système politique était inspiré par une idée générale qui pouvait le mener aussi bien à son apogée qu’à sa perte.

 

La monarchie reposant sur le sens de l’Honneur, la république sur celui de la justice et du patriotisme et le despotisme sur le règne de la peur. Et toujours selon Montesquieu,  autant l’excès que le manque de l’un ou de l’autre pouvaient tout à fait anéantir le régime qui s’en inspirait.

 

Cette loi de proportionnalité, très probablement empruntée au philosophe grec Aristote,  s’appliquera aussi bien aux démocraties républicaines, aux monarchies constitutionnelles qu’aux régimes totalitaires.

 

Le roitelet dictateur tunisien, qui  a certainement négligé de lire les œuvres du maitre à penser en institutions politiques et droit constitutionnel, est probablement entrain de faire les frais de ce que Montesquieu avait dit en 1750 à savoir qu’une utilisation trop fréquente de la peur ne peut qu’en supprimer l’efficacité et anéantir le régime politique qui s’en inspirait. Ce président auto proclamé à vie entrera dans l’histoire affublé du titre déshonorant de Pol Pot à la petite semaine et devra sans nul doute, lui-même comme sa clique corrompue et sanguinaire, payer le prix fort pour avoir donné l’ordre de tirer à balles réelles sur une population civile, pour avoir mis une chape de plomb policière étouffant les aspirations démocratiques d’une population éduquée et pacifique, et pour avoir, ne l’oubliant pas, fait torturer des gens du fait de leurs opinions politiques.

 

Sous prétexte de lutter contre l’islamisme politique, le régime du roitelet ayant pris le pouvoir en destituant Habib Bourguiba en 1987, promettant démocratie et liberté d’expression, avait  fini par devenir une dictature de la pire espèce tuant et torturant tous ceux qui exprimaient une opinion différente, organisant de grotesques parodies d’élections législatives et présidentielles et livrant le pays et son économie à toute une clique composée de malfrats, de trafiquants de drogues impliquant le frère et le fils de Ben Ali, de faibles d’esprit affamés de puissance, de pouvoir et d’argent facile. Le tout sous le contrôle de la première dame, une ancienne pute de luxe (en Tunisie aussi !), de sa famille et d’un maillage serré de policiers brutes sanguinaires et d’indics morveux.

 

Cet envers de la médaille, dont la description vous semblera peut-être exagérée, a longtemps été caché, comprimé, étouffé afin que les égoïstes que nous sommes, puissent continuer à jouir d’un tourisme de masse aussi exotique que proche de nous en distance et en culture. Mais comme toujours, l'implacable principe de causalité qui gouverne nos destinées, n'aura que faire des états d'âmes des toutous de Panurge que nous sommes , ni des arrangemets entre amis, roitelets dictateurs solidaires entre eux, d'un côté et de l'autre de la mer méditerrannée.

 

Il est en effet une leçon terrible que celle que l’Histoire vient de donner, à travers cet embrasement populaire tunisien, à tous les puissants autoproclamés du monde, à tous les roitelets dictateurs  qui confondent circonstances favorables et valeurs intrinsèques, résilience du peuple et soumission veule, patrie et fief personnel ;

 

Il est une leçon terrible qui exige le sacrifice de soi, l’immolation par le feu, la poitrine nue et offerte en proie à la lâcheté des hommes qui se cachent pour tirer sur leurs frères ;

 

Il est une leçon terrible que ce peuple intelligent, éduqué et pacifique vient de donner au monde entier, à toutes celles et tous ceux qui, seuls dans leur coin, souffrent de la barbarie et de l’ignominie des banquiers sataniques et de leurs valets politiciens aussi incompétents que corrompus ;

 

Cette leçon que tu viens de nous donner au prix de ta vie, de ta chair qui brûle, de tes souffrances, nous l’acceptons avec humilité et respect.

 

Reposes en paix Mohamed Bouwazizi, toi le Saint Juste, le Robespierre de ton peuple et que ton nom soit à jamais associé à la liberté  autant que Ben Ali à l’ignominie.

 

Frenchy

14 janvier 2011               

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