Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 14:02

 

Edith Piaf 

 

Est-ce bien la réalité, ou suis-je en train de rêver,

Pourquoi revenir hanter un simple mortel solitaire ?

Vous qui étiez  autrefois généreux, célèbres et vénérés,

Quittez mes livres, ils sont déjà remplis de poussière !

 

Montaigne il est plus que temps pour vous de partir.

Et de grâce, cessez ce discours morbide sur la mort,

J’ai bien retenu : qu’importe ce que nous réserve le sort,

Celui qui a appris à mourir, aura appris à ne jamais servir.

                                                       

                                                                      Herbert French 

                                                                      " Ghosts "

 

Étais-je jusqu'à présent endormi, ou suis-je maintenant en plein rêve? ... Est-ce bien ceci qu’on appelle le monde des esprits ? ... Ô monde de l’obscurité, depuis si longtemps m’es-tu resté trouble et confus ; comme pour la Voie Lactée  je ne percevais de toi que lumière floue, trainante et laiteuse, là où brilleraient des milliers d'étoiles claires et scintillantes.

Que n’ais-je crié pour ce sein que ton âme généreuse voulait me donner mais que ton être las, et décharné me refuse. Que n’ai-je réclamé ce savoir que mon être bidimensionnel feint d’oublier.

Que n’ais-je supporté à chaque soir de mes  lectures solitaires, tous ces fantômes autrefois célèbres et vénérés, sortant de livres poussiéreux pour rôder autour du simple mortel que je suis, âmes grandioses que la mort a rendues si humbles, taciturnes ou joueuses, coquines et parfois flatteuses,  l'une me relatant des anecdotes vielles de plusieurs siècles, l'autre réfutant un fait historique pour laver son honneur et comptant sur moi pour le faire savoir, sans parler de celles qui se mettaient  dans la tête de me faire chanter.

Que n’ais-je chanté et rechanté avec ma voix de casserole, heureusement seul avec mes visiteurs.

Que n’ais-je accepté de crapahuter solitaire cette montagne écorchée, qui, pierre après pierre, bosquet après bosquet, soufflait le feu dans mes poumons; afin que chaque étape s'ouvrant à ma vue, me transporte toujours plus loin et plus au large ; afin qu’à chaque sommet ma poitrine m’enivre à respirer de nouveau de plus en plus librement au-dessus de nuages moutonnés, la tête dans les astres, les yeux rivés sur l’horizon lointain ne percevant que le chemin qui mène à l’espoir.

Que n’ais-je pas fais et supporté tout ça afin que tu me guides à travers la vallée des ténèbres et de l’ignorance ?

Où est ce savoir tant promis ? Car plus j’avance et moins j’en sais !          

J'ai été soldat en herbe, aventurier, voyageur, industrieux, homme d'État. J'ai été amant, mari, père. Il m’était arrivé de vivre dans l'opulence, de dépenser sans compter, bien que je crois avoir surtout vécu dans une certaine  pauvreté. Je n’attachais aucune importance à l’argent lequel me le rendait bien puisqu’il filait de mes poches plus vite qu’il ne rentrait !

Il ya je crois, peu de sensations ou de circonstances de la vie, que je n'ai pas subies. Vivant intensément l’envers comme l’endroit de la médaille. La souffrance au bord de la ruine, et la jouissance d’une liberté épicurienne. L’amour m’a fait plonger dans la misère, le pouvoir m’a grisé et m’a enrichit. J'ai tour à tour sacrifié l’un pour l’autre jusqu’à ce que je sois dégouté des deux.

On dit que chaque homme est né pour un but particulier, animé d’une passion particulière. La mienne fût je crois, de vouloir prouver " at any cost", ma propre valeur aux yeux de je ne sais quel être ou entité que j’avais mis sur un piédestal. Sinon comment expliquer cette dévoreuse ambition qui  me faisait monter, descendre, partir, revenir, sacrifier les joies de l’insouciance aux peines des responsabilités ?

Maintenant je me pose la question : C’était pour quoi faire ?

Si on n’y pend garde, la passion d’être aimé et reconnu peut se transformer en un puits de mensonges. Un puits sans fin! Un soleil intérieur qui vous exhorte et vous anime, mais qui vous brûle à petit feu, et lorsque vous vous en apercevez, il est déjà trop tard.

Aujourd’hui dans ma solitude choisie, les images du passé qui reviennent comme des fantômes dans l’obscurité, me distraient plus qu’elles ne m’inquiètent, éclairant le monde que je vois d’une lumière étrange d’extravagance, sauvage et haute en couleur.  

C’est bien cette lumière qui me révèle la beauté du génie humain.

Frenchy

Le 5 juillet 2011

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Commentaires

Bonjour Frenchy,      je découvre avec quelques jours de retard cet article. Vous me voyez ravie de vous lire et ainsi de constater que la vie est bien une roue qui tourne, faite d'expériences, d'épreuves, qui nous forgent, et nous apprennent à re-façonner l'existence que nous nous choisissons alors après être entré "en soi et s'être parlé" . Bien à vous

Commentaire n°1 posté par Claudine le 10/07/2011 à 14h40

Bonjour Chère et fidèle lectrice

Comme à l'accoutumé, vous avez bien vu ! Je me suis effectivement entretenu avec moi-même (sans prétention aucune) et ça fait un bien fou

Bien à vous

Réponse de FRENCHY le 11/07/2011 à 07h18

Beau texte même si parfois sybillin.

L'homme est à la recherche de l'approbation de la femme.

Dit par Spengler ceci donne : l'homme fait l'histoire, la femme est l'histoire.

Commentaire n°2 posté par AgentOrange (le badok). le 07/07/2011 à 18h28

Bonsoir et merci à toi Agent Orange.

Le texte est vraiment à prendre  au premier degré ; le début représente le premier et le dernier quatrain d'un poème non encore publié et le tableau est un dessin que j'ai fait d'elle au tout début de sa carrière.

Jolie citation que j'avoue ne pas connaitre

A bientôt j'espère,

Réponse de FRENCHY le 07/07/2011 à 19h17

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