Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 11:03

DSK--GT.jpgSi l’humeur populaire Française est aujourd'hui  plus que jamais orientée vers le plus grand des pessimismes, c’est peut-être parce que, et à l’exception des intéressés,  tout le monde sait que les réformateurs potentiels même les plus sérieux, font eux-mêmes partie du problème et qu’ils ne voudront ou ne sauront certainement pas couper  la branche sur laquelle ils sont assis.

 

Effectivement comment demander à une administration de réformer le pays qu’elle doit servir, lorsque les rentrées fiscales de ce pays, n’arrivent même pas à couvrir la fiche de paie de cette même administration ?

 

 "It’s a joke !" diront nos amis de l’autre côté de la Manche, mais nous en France on appelle ça une farce et encore…, pour rester poli. Car même en admettant que la décision de réformer soit politique et vienne d’en haut, il n’en reste pas moins vrai que son exécution ne peut qu’être confiée à l’appareil de fonctionnaires, grands ou petits commis de l’État, ceux-là mêmes à qui on demande de supprimer les dépenses inutiles c'est-à-dire celles qui dans beaucoup de cas sont relatives à leurs propres postes !

 

Au moment où chacun de nous est appelé à faire sa déclaration des revenus perçus en 2010, afin de contribuer au budget de l’État, au développement de l’économie et à la solidarité nationale, il est important de se rappeler quelques notions de base en économie.   

 

Ce qu’on appelle communément "création de richesse" correspond à l’acte de création d’un produit ou service que des clients solvables sont disposés à acheter. C’est aussi simple que cela.

 

Dans le système capitaliste, vous achetez un produit ou un service qui vous apporte une utilité et non pas quelque chose qui ne vous sert à rien. Or si nous prenons l‘exemple des 45.000 assimilés fonctionnaires de Pôle Emploi et que nous privatisions leurs services, croyez-vous que les demandeurs d’emploi viendraient spontanément à payer ce service ?

 

La réponse est évidemment non parce que Pôle emploi  ne crée pas de richesse. Il ne sert qu’à enregistrer et classer des papiers et à renseigner, ce que de nos jours un ordinateur peut parfaitement réaliser pour beaucoup moins cher que le budget de fonctionnement de l’ex ANPE, estimé à 1,5 milliards d’euros par an.    

 

Dans le milieu de l’entreprise, lorsque les "productifs" ne créent pas assez de richesses pour couvrir les dépenses fixes, on essaie d’améliorer le rendement de la production pour fabriquer plus avec les mêmes moyens, si ça ne marche pas, on essaie de pousser les commerciaux à la roue pour qu’ils vendent plus sur la même période et si cette dernière méthode ne donne pas de résultats positifs alors on a recours aux réductions de postes. Mais pour des raisons qui vous paraitront évidentes, on ne confie jamais la tache de restructurer l’entreprise aux membres de son appareil administratif, au risque de la voir ne jamais aboutir.

 

Ce bon sens terrien venant de la sphère privée semble de nos jours assez mal compris par les hauts fonctionnaires qui dirigent la "Makhzen" Français et c’est bien pour cela que nous avons un déséquilibre structurel persistant dans les finances publiques (voir tableau ci-haut).

 

Déséquilibre des finances pubiliques - France 2000 -2010Le tableau ci-joint montre que non seulement les rentrées fiscales n’arrivent plus à évoluer au moins aussi vite que la masse salariale de l’État, des collectivités territoriales et du secteur hospitalier, mais qu’en plus elles ne représentent en valeurs  absolues que 81% des dépenses de salaires, de charges sociales et de retraite des 3 fonctions publiques.

 

La rupture entrainant cet effet de ciseaux que tous les universitaires en marketing, étudiant les renversements de cycles, sauront reconnaitre, a bien démarré en 2005 du fait d’une accélération sans précédent de la dette publique et de sa charge annuelle, le tout dû à la décentralisation territoriale larvée décidée alors par Jacques Chirac lors de son deuxième mandat de Président de la République.

 

La situation est dramatique car elle implique que toute chose restant égale par ailleurs, le secteur privé en France ne travaille aujourd’hui, que pour payer les salaires et retraites du secteur public et que depuis 2005 non seulement il y arrive de moins en moins, mais en plus l’État nous endette et endette tous les jours les futurs générations pour financer la fiche de paie de fonctionnaires dont la plupart ne créent aucune richesse.

 

C’est comme si vous et moi nous étions au chômage et que nous achetions notre baguette quotidienne avec de l’argent emprunté !

 

Frenchy

27 avril 2011    

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