Au soir de ce 09/09/09 le Président Barak Obama va faire un discours devant le Congrès Américain (sénat et chambre des représentants) pour défendre sa législation introduisant un système public
de sécurité sociale que la majorité des Américains (52%) ne veulent pas voir adopté. En fait, ils ont peur que cela n’entraine un nivellement par le bas des prestations sociales et médicales dont
ils bénéficient actuellement.
On estime que 30% des Américains ne peuvent pas accéder aux soins médicaux de base faute d’avoir les moyens de les payer et surtout par avance. Un nouveau système de sécurité sociale à la française permettra la mise en place d’une couverture de soins minimum pour les plus démunis, et ils représentent des dizaines de millions d’individus travailleurs pauvres, retraités à faible revenu, mères élevant seules leurs enfants, sans oublier les "sans domicile fixe" qui vivent dans leurs voitures ou dans la rue.
Seulement voilà, ceux des Américains qui peuvent aujourd’hui se payer une assurance privée, refusent la mise en place d’un système public craignant une "socialisation" qui ne peut qu’engendrer, à
leurs yeux, une baisse générale du niveau des soins auquel ils étaient habitués et par voie de conséquence un renchérissement des prix des médicaments, des consultations et des séjours en
clinique ou à l’hôpital..
Pire encore, l’intelligentsia Démocrate comme Républicaine se sent mal à l’aise par rapport à ce projet qui va donner une place prépondérante à l’Etat Fédéral dans un secteur économique relevant normalement du privé. Et, comme du temps des Clinton, les Démocrates vont trainer des pieds essayant d’échapper au vote d’une loi qu’ils estiment impopulaire, tandis que les Républicains (conservateurs) vont tirer à boulets rouges sur le projet, trop contents qu’ils sont de bénéficier de cette fenêtre de tir vis-à-vis d’un président autrement plus coriace que ne l’était son prédécesseur qui attendait les messages "divins" avant d’agir.
Le Congressman Ron Paul Représentant de l’Etat du Texas, va même jusqu’à traiter Barak Obama de président communiste, tandis que d’autres élus non moins prestigieux et crédibles, remettent carrément en cause la légalité de son élection affirmant qu’il a falsifié son certificat de naissance pour cacher le fait qu’il soit né au Kenya (pays de son père) et non sur le sol américain.
Mais au-delà de ces querelles politiciennes, le président Obama joue gros ce soir face à son pays.
Il a déjà perdu sa crédibilité suite à la gestion désastreuse de la crise financière de septembre 2008 par son administration et après que plusieurs centaines de milliards de dollars de crédits votés aient été dépensés sans que l’on sache réellement à quoi ont-ils servi, si ce n’est à permettre aux banquiers véreux de se refaire une santé sur le dos des contribuables.
De ce fait, une majorité d’Américains de tous bords, risque de vouloir lui faire payer l’absence de résultats probants sur le front économique comme sur celui de l’emploi, étant donné les mauvaises nouvelles qui affluent de toutes parts.
La plupart des économistes crédibles s’accordent à dire que la situation économique des Etats-Unis est pire que celle connue durant la crise de 1929 (Voir à ce titre : 1929 – 2009 deux crises économiques comparables ? ) :
- L’expert en risques financiers et célèbre auteur Nassim NicholasTaleb parle d’une crise plus grave que celle de 1929 : http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=axyo1pG9j0ws&refer=home
- Le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz avance l’idée selon laquelle durant les cinq dernières années l’économie américaine a été bâtie sur des fondations "bidon" : http://www.msnbc.msn.com/id/21134540/vp/29104759#29104759
- Le Consultant en investissement Marc Faber (Dr. Doom) a déclaré récemment :
" Je suis loin d'être certain que les actions américaines cotées à la bourse, celles qui viennent de perdre environ 50% par rapport à leurs niveaux les plus hauts, soient maintenant bon marché. Les valorisations actuelles sont très élevées comparées à celles des marchés d’après crises en 1932, 1974 et 1982. En outre, les conditions économiques actuelles semblent bien pires que celles qui prévalaient lors des récessions précédentes, y compris durant la Grande Dépression.
Tout le monde semble penser que, grâce aux interventions budgétaires et monétaires du gouvernement, cette récession est moins profonde que celle des années 1930.
Moi je pense qu'elle pourrait être bien pire - et précisément à cause des interventions du gouvernement". http://marcfaberblog.blogspot.com/
- Graham Secker conseiller en stratégie chez Morgan Stanley UK prévoit un effondrement de l’économie américaine bien pire que celui de la grande crise : http://www.chartingstocks.net/2009/03/morgan-stanley-predicts-economic-collapse-worse-than-depression/
L’autre mauvaise nouvelle nous vient du secteur de l’immobilier résidentiel et commercial, qui ne finit pas de faire parler de lui : La crise des crédits hypothécaires ne connaitra son pic qu’en 2010. Vous avez aimé les "Subprime", vous allez adorer les "Alt. A" dont les défauts de paiement commencent à s’accumuler entrainant à leur tour, leurs lots de souffrance et de banqueroutes.
http://freethemarketman.wordpress.com/2009/06/01/massive-alt-a-and-option-arm-defaults-coming/
Le crash du secteur de l’immobilier hypothécaire commercial est semble-t-il si imminent qu’une Commission du Congrès vient d’émettre un rapport alarmant sur les risques d’effondrement du secteur financier des petites et moyennes banques spécialistes du crédit à l’immobilier commercial :
http://www.huffingtonpost.com/2009/08/11/toxic-assets-may-still-po_n_256190.html
Sur le front de l’emploi les données ne sont pas plus rassurantes. Le taux officiel de chômage américain est de l’ordre de 8 à 9 point de la population active. En réalité, l’administration US
joue avec les chiffres (comme le fait l'administration française) et le taux réel de chômage devrait être autour de 16-17 % si l’on tient compte des gens qui ont un travail précaire et qui
cherchent un emploi permanent à temps complet, et plus encore autour des 22-24% si l’on tient compte des demandeurs d’emplois qui sont rayés des listes parce qu’ils ne mettent pas à jour leurs
fichiers administratifs tous les mois ou parce qu’ils sont en déplacement.
Là encore les analyses ne sont pas optimistes. Le tableau ci-joint compare l’évolution des taux moyens annuels de chômage observée durant la Grande Crise, aux taux de chômage constatés annuellement depuis 2005.
Une projection linéaire nous donne un prévisionnel de 16% en 2010 et 25% en 2011 et 2012. Ce qui est très inquiétant !
Ceci fait dire au Washington Post, dans son article du 18 août 2009, que le niveau élevé du chômage est devenu la cause principale des faillites observées dans le pays.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/08/17/AR2009081703035_pf.html
La crise économique et financière comme les perspectives inquiétantes de l’aggravation du chômage ont eu raison de la frénésie de consommation des ménages américains entrainant une baisse sensibles et un changement de comportement vers plus d’épargne. Cependant avec un taux de 70% du PIB, la consommation des ménages représentait jusqu’à présent le moteur de la croissance américaine. Un fléchissement de la consommation entrainera une croissance négative, une aggravation du chômage et plus de faillites au niveau des ménages qui ne pourront plus faire face au remboursement de leur crédits immobilier ou à la consommation.
Une véritable spirale infernale dont personne jusqu'à présent, ne voit arriver le bout. A l'exception bien sûr des hurluberlus qui se disent économistes et qui sont également répartis de chaque côté de l'atlantique !
Nariman Behravesh, Chef Economist à IHS Global Insight, pense que le ratio consommation/GDP aux Etats-Unis va tomber à 65% en 2009 ce qui entrainera mécaniquement une contraction de la croissance de l’économie de 3,5 points. http://www.joc.com/node/410765
Le président Barak Obama a commis une faute politique en intervenant en faveur de la loi de finance sur le Bail Out votée fin 2008 sous l’ancienne administration, il a commis une deuxième faute en venant lui-même au secours de banquiers véreux qui ont joué et perdu beaucoup d’argent sur le casino virtuel des produits dérivés, il est entrain d'en commettre une troisième en ignorant les appels émis par le G20, en faveur d’une plus grande orthodoxie financière et d’une régulation plus stricte du marché des produits financiers dérivés.
Il aurait pu mettre à profit les six premiers mois de son mandat pour nettoyer l’univers crapuleux de Wall Street et des institutions financières comme la banque Goldman Sachs ou encore la Réserve Fédérale dont les pratiques douteuses sont à l’origine de la crise de 2008-2009, mais il a décidé de ne rien faire qui puisse déplaire aux Rockefeller, aux Rothschild et autres maîtres du nouvel ordre mondial et c’est bien une erreur tactique majeure qu’il commet là car ces derniers le lâcheront ou le feront exécuter (comme il l’ont sans doute fait pour JFK) au moindre signe d’un changement de cap de sa part.
D'autre part, les conséquences probables de ces erreurs peuvent lui être fatales à lui-même comme aux Etats-Unis et au dollars US dont l’effondrement semble maintenant inéluctable.
Mais cela n’était-il pas l’objectif à atteindre ?
Car si les maîtres du monde avaient projeté cette destruction du dollar et de l’empire USA, ils ne se seraient pas pris autrement que de parrainer Barak Obama et de le driver pour qu’il joue le même rôle que celui joué par Mikhaïl Gorbatchev dans la chute de l’empire soviétique.
Ceci implique que bientôt il n’y aura plus d’obstacle à l’avènement d’un nouvel ordre mondial et à l’esclavage de la race humaine par des financiers crapuleux et leurs valets politiques obséquieux.
A moins que… !
Frenchy
09/09/09
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