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L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) vient juste de publier son
rapport de conjoncture dans lequel ce grand établissement public constate enfin que la France est en crise, que "tous les pays avancés sont en
profonde récession", que "Nous allons vers un très fort recul de l’investissement", que
"La récession pèse sur le marché du travail" et enfin, que "Les prévisions sont marquées par une profonde incertitude"
L’armée de chercheurs, de calculateurs, de mathématiciens, de statisticiens et d’analystes fonctionnaires, cette armée mexicaine vient de nous déclarer officiellement ce que tout le monde savait depuis plusieurs mois. http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=vueensemble.htm
la montagne vient d’accoucher d’une souris !
Je ne vais pas polémiquer sur la qualité du rapport de l’INSEE ni sur ce que ça a dû coûter au pays pour produire si peu, et je vous renvoie à mes derniers articles sur ce blog pour relecture et comparaison.( 1929 – 2009 deux crises économiques comparables ? (2) )
Cependant, cette anecdote m’inspire une autre histoire avec une morale que je vais vous raconter maintenant.
Connaissez-vous l’origine de cette expression populaire qui m’a servi de titre ?
Comme des dizaines et des dizaines d’autres utilisées à travers le monde, c’est la morale d’une fable écrite
par un philosophe Grec né esclave qui s’appelait Aesop contemporain de Crésus, ayant vécu il ya deux mille-six-cents ans. Après avoir été possédé
successivement par deux maîtres, Aesop gagna sa liberté grâce à son immense talent de philosophe, d’écrivain et de conteur et vécut les dernières années de sa vie à
Sardis (Sardes) capitale de l’empire Lydien (Turquie), sous la protection de son richissime roi Crésus.
On lui reconnait plus de quatre cents fables dont :" Le renard et le corbeau", "Le lièvre et la tortue" ,"Le loup et l’agneau" ou encore "La fermière et le pot-au-lait", ainsi que des citations célèbres comme le titre de ce pamphlet ou encore "Un poisson sous la main vaut mieux que deux dans la mer" (un tiens vaut mieux que deux tu l’auras), "Pour que les choses avancent, il vaut mieux les faire soi-même" et cette véritable leçon de vie et de courage : "Tous unis nous tiendrons, chacun pour soi, nous tomberons" (l’union fait la force).
Durant cette période d’examen du baccalauréat, d’interrogation sur la Morale et la Culture, sur la Liberté et la Tolérance, sur la Justice et le Respect, durant cette période où nos jeunes vont basculer d’un coup dans l’âge adulte sans vraiment s’en rendre compte, il est bon je crois, de se rappeler que la réalité n’est pas toujours celle qu’on veut nous faire croire, que le pompage n’a pas été inventé par des étudiants anxieux de réussir leurs examens et que le plagiat est une donnée constante de l’histoire de la littérature mondiale.
Mais comme on dit "entre deux maux il faut choisir le moindre". Entre un Jean de la Fontaine (1610-1695) qui, sans vergogne ni reconnaissance, a copieusement plagié un philosophe esclave, son ancêtre de 2200 ans, le Vatican qui cache des trésors de littérature et de livres anciens de peur sans doute que leur publication ne prouve l’absurdité de certains dogmes de l’église, ou encore la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie en l’an 642 par le Khalife musulman Omar ibn al-Khattab, privant ainsi le monde arabo-musulman de toute la richesse littéraire et scientifique des Chaldéens, des Assyriens, des Babyloniens comme des Coptes. Entre tous ces maux, le plagiat de jean de la Fontaine reste le moindre car se faisant, il a permis la divulgation du savoir, de la morale politique et de la culture dans une Europe qui sortait à peine de la barbarie du moyen âge.
Jean de la Fontaine n’est pas le seul à avoir plagié de façon éhontée les écrits de quelqu’un d’autre. Les contes allemands des Frères Grimm (1785-1869) sont également largement inspirés des fables du philosophe esclave.
Perrot de Saint Cloud, l’écrivain médiéval français publia vers l’an 1200 le fameux "Roman du renard" qui fût le prélude aux fables de la fontaine.
Socrate, Platon, Plutarque sont quelques exemples de philosophes ayant essayé de mettre en vers les fables d’Aesop à tel point que le nom de ce dernier était devenu dans la Grèce antique, un nom générique désignant ce type de littérature.
Enfin entre les années 500 et 700, les Perses et les Arabes ont traduit une partie de ces fables et les ont publiés dans un recueil sous le nom "Livre de Kalila et Dimna" qui raconte les aventures de deux fennecs (ou chacals selon les sources) beaucoup plus inspirées d’une littérature similaire Indienne, semble-t-il que des œuvres du Grec Aesop.
Voici deux fables d’Aesop choisies et traduites pour illustrer ce pamphlet :
Le cheval, le chasseur et le cerf.
Une querelle surgit entre un cheval et un cerf, le premier voulant chasser le dernier de sur son pâturage, s’en alla demander son aide à un chasseur qui acquiesça et répondit :
" Si vous voulez vaincre le cerf alors vous devez me laisser placer ce fer entre vos mâchoires, pour pouvoir vous guider avec les rênes, et cette selle pour me maintenir stable sur votre dos, lors de la poursuite de l’ennemi". Acceptant ces conditions, le cheval se retrouva aussitôt bridé et sellé et avec l’aide du chasseur, réussit à vaincre le cerf.
"Et maintenant, descendez et enlevez ces choses de ma bouche et de sur mon dos", dit-il à son cavalier."Pas si vite mon ami" répondit le chasseur, "Maintenant que je vous ai sous mon contrôle, je préfère vous garder ainsi".
La morale de cette histoire est que si pour atteindre votre objectif, vous laissez d’autres hommes vous utiliser, soyez sûr qu’ils le feront, mais dans la poursuite des leurs.
La fermière et son pot-au-lait
Portant sur sa tête son pot au lait qu’elle allait vendre au marché, une fermière se mit à rêver :
"Avec l’argent que rapportera la vente de ce lait je pourrais acheter au moins trois cents œufs.. ; Toutes pertes incluses, ces œufs produiront au moins deux-cent-cinquante poulets.. ; Le prix de la volaille sur le marché aura fortement grimpé lorsque ces poulets auront atteint l’âge adulte.. ; Avec tout ça j’aurais probablement assez d’argent pour m’acheter une nouvelle robe.. ; Et lorsque j’irai de nouveau au marché, portant ma nouvelle robe, tous les jeunes garçons voudront me parler mais je leur ferai non et non de la tête.."
Secouant sa tête à l’unisson de ses pensées, la fermière fit tomber le pot au lait qui se brisa en mille morceaux emportant avec lui les doux rêves de la jeune fille.
La morale de cette histoire est qu’il ne faut jamais compter ses poulets avant que les œufs n’éclosent.
Enfin la morale de cette longue histoire est qu’il vaut peut être mieux pour l’homme africain de ne pas être assez entré dans l’Histoire (Nicolas Sarkozy – discours de Dakar 27 juillet 2007), que pour les grands écrivains européens de faire l’Histoire de la littérature en plagiant les autres.
Ou comme l’a si bien dit Aesop "Pensez à balayer devant votre porte avant de donner des leçons aux autres"
Frenchy
19 juin 2009
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