Ce graphique compare l’évolution de la production industrielle française depuis le début de la crise, en 1929 (bleu) et celle d’aujourd’hui (rouge).
Voyez-vous la même chose que moi ? Où sont les signes de reprise (même timides) dont on nous parle ? A quoi faisait allusion le
communiqué final du G8 réuni le 13 juin 2009 à Lecce en Italie, en parlant de "signes de stabilisation" ?
En treize mois de temps (mai 09) la production industrielle de ce pays a perdu 18 points par rapport à son niveau d’avril 2008. La contribution du secteur industriel au PIB français étant de 23%, c’est plus de 4 points de PIB que l’économie française vient de perdre et non pas les 1,5 ou encore les 3 points de recul que le Ministère de l’économie a annoncé pour le premier semestre 2009.
De qui se moque-t-on d’après vous ?
L’effondrement spectaculaire de la production industrielle que nous constatons aujourd’hui, est probablement du à un déstockage massif de produits manufacturés, qui en lui-même est un signe de la mauvaise santé de l’économie française bien avant que n’éclate la crise financière de 2008. Plus haut étaient les stocks et plus vite les usines ont eu tendance à débrayer mettant les ouvriers au chômage technique. L’effet de domino du à l’organisation en "Supply Chain" (There will be blood !! )et la rupture de financement des fonds de roulement par des banques en faillite virtuelle, ont fait le reste du boulot.
L’exemple de la production d’automobile en France est en cela un cas d’école qui rentrera dans les anales des
écoles de commerce autant pour les déstockages massifs que pour les ruptures générées par une organisation sous-traitante sur le fil du rasoir.
Les autres graphiques que j’ai présentés dans mon article du 7 avril 2009 (1929 – 2009 deux crises économiques comparables
? ), restent malheureusement valables : Je ne vois pas arriver de réelles améliorations ni en 2009 ni durant la première moitié de 2010, simplement parce que l’économie
mondiale est malade :
1- La consommation américaine, moteur de la croissance mondiale jusqu’à présent, ne fonctionnait qu’à crédit. Les américains s’endettaient non seulement pour acheter des biens durables mais aussi pour consommer tous les jours. Aujourd’hui plus personne ne veut leur faire crédit à cause du risque sur le dollar. Résultat : 25 % de moins dans les flux de production et d’exportation Japonaise et Chinoise depuis le début de l’année 2009. Et ce n’est pas fini,
2- La crise financière et économique est maintenant entrain de frapper durement les pays en voie de développement qui pourtant n’ont pas investit leurs maigres ressources dans le casino virtuel de la spéculation sur les produits financiers dérivés. La hausse du coût de l’emprunt, l’effondrement des cours de matières premières, le tarissement des aides Nord-Sud et surtout l’assèchement des flux financiers de la diaspora des émigrés (la première frappée par le chômage) constituent les principaux vecteurs de la transmission de la crise économique vers les pays pauvres,
3- Les institutions financières des pays riches, celles qui ont spéculé sur le casino virtuel des Subprimes, CDS et autres RMBS, ont toutes perdu entre 50 et 90 % de leurs portefeuilles d’actifs financiers. Malgré une sous capitalisation flagrante et dangereuse, les Etats concernés, de peur sans doute d’un effondrement économique et social de leurs pays, ont préféré maintenir ces banques sous perfusion publique injectant des centaines de milliards de liquidités pudiquement appelées stimulus packages, pour les maintenir artificiellement en vie.
Sauf que, les banques ayant utilisé cet argent pour se désendetter en partie, cela n’a pas servi les économies réelles et les Etats n’ont plus de capacités d’endettement suffisantes pour envisager un deuxième tour de relance orienté vers les acteurs de l’économie réelle.
En France le nombre de chômeurs indemnisés atteindra fin 2009 le chiffre de 3 millions tandis que le nombre d’actifs dans la précarité, dépassera sans doute les 8 millions d’individus touchant probablement plus de 15 millions de familles sur les 24 que compte le pays.
Comme pendant les années qui ont précédé la révolution de 1789, l’économie française se trouve dans l’incapacité de donner du travail à tous ceux qui sont en âge de travailler et faute de recettes fiscales suffisantes, l’Etat va de plus en plus avoir recourir à la dette pour payer ses fonctionnaires.
La graine de la révolution est dans le sol, il ne manque plus qu’un arrosage approprié pour la faire pousser.
FRENCHY
15 juin 2009
Peut-être que le futur n'est pas une simple extrapolation du passé !
Nous verrons bien.
Autres temps, autres moeurs
Au niveau français, l'application de la loi suffirait. Comment l'obtenir? je n'ai pas la réponse.
La verte, la rouge, la brune ?
Je ne connais pas de révolution qui n’ait conduit à une dictature (la française, la russe, la chinoise, la cubaine, la coréenne, la franquiste, etc …).
S’agit il de tout casser pour tout casser. En quoi la révolution serait elle la solution ?
Est ce que la révolution va réduire la malhonnêteté des hommes politiques, que tu nommes 'crapules' ?
Comment la révolution va résoudre le problème de la crise mondiale ?
Une révolution pour quoi faire derrière ?
Pour qui ?
Bonjour Myahoo et bienvenu(e)(e) sur ce blog.
La révolution est une idée un concept qui décrit un rejet de l’ordre établit lorsque ce dernier oppresse et opprime les peuples et les prive de leurs droits fondamentaux. Ce rejet peut être violent et sanglant (1789 en France) comme il peut être pacifique (révolution des œillets au Portugal 1974).
La révolution commence toujours par une révolte de la conscience et parfois d’un seul homme (Voltaire), elle atteint son apogée lorsque les opprimés (la majorité) réalisent qu’un autre régime politique est possible et réalisable et que les oppresseurs (la minorité), s’opposent au changement de peur d’y laisser leurs privilèges.
En 1789 en France et en Europe, la légitimité d’un monarque était de droit divin. Il était inconcevable de vouloir s’y opposer. Jusqu’au jour où le jurisconsulte et canoniste Gabriel-Nicolas Maultrot (1714-1803) publia un volumineux traité sur les droits des peuples expliquant que la légitimité de droit divin n’avait aucun fondement dans le droit canonique. A partir de là, une majorité de français réalisa que le vrai détenteur du pouvoir c’était le peuple et que le peuple pouvait renverser le roi si ce dernier abusait du pouvoir qui lui était confié.
En France aujourd’hui, des gens comme vous, honnêtes et démocrates sans aucun doute, pensent que cela ne sert à rien de changer le régime parce que l’être humain est ainsi fait qu’il réussira toujours à corrompre le plus intègre des systèmes politiques. Comme la grenouille de l’allégorie, vous êtes confortablement assis dans la casserole remplie d’eau et votre conscience ne se révolte pas car vous ne sentez pas la chaleur monter.
Et quand enfin vous réalisez, il est trop tard vous êtes déjà cuit.
.Amicalement.
Bonsoir Le Huron et bienvenu sur ce blog.
La crise est peut être mondiale mais la corruption des dirigeants et d’une partie de la sphère judiciaire, la collusion entre banquiers véreux et politiques incompétents, la crapuleuse main mise d’une poignée de "familles" sur les leviers du pouvoir économique du pays, le cousinage et copinage pratiqué à grande échelle pour octroyer les postes à responsabilité dans les grandes entreprises françaises, dans la fonction publique et au sein des multiples "commissions d’études" aux "fils et fille de", aux "amis et cousins de" et aux "maîtresses de", toute cette incurie est particulièrement grave en France, elle est typiquement française, peut être aussi latine mais ce n’est pas une consolation.
Si la France n’a pas les moyens de donner du travail à tout le monde, alors il faut partager la charge comme les revenus de façon homogène et équitable. Aujourd’hui ce n’est pas le cas et si vous ne le voyez pas c’est parce que vous êtes de l’autre camp ou bien parce que vous ne voulez pas le voir.
Le déficit du budget de l’Etat sera cette année d’au moins 150 milliards d’euros c'est-à-dire l’équivalent de la charge annuelle des salaires et retraites de la fonction publique nationale, régionale et locale. Qui va payer ? Personne. Il n y a plus d’argent et il n y a plus assez d’esclaves dans le secteur privé pour créer les richesses et la marge nécessaires pour faire face à ces dépenses.
L’Etat (c'est-à-dire nous) va s’endetter un peu plus. Il ne s’endettera pas pour les chômeurs en fin de droit ou non indemnisés. Il ne s’endettera pas pour les exclus de la société, ceux qui n’ont ni travail ni titre ni même adresse. Non il s’endettera pour payer les fonctionnaires.
Personnellement je n’accepte pas que le pays s’endette (nous endette) pour juste payer les salaires de fonctionnaires et attendre que la crise passe.
Si notre économie n’est pas capable de donner du travail à tous ceux qui sont en âge de travailler, si elle n’est pas capable de professionnellement et socialement intégrer les jeunes qui sortent des universités et des écoles, si elle n’est pas capable d’éliminer la discrimination raciale dont font l’objet tous les français d’origine africaine, si elle n’est pas capable d’assurer une juste redistribution sociale sans tuer les PME à force de taxes et de surtaxes, alors notre économie ne doit pas servir à renforcer encore plus les injustices, à encourager les privilèges et à endetter les uns pour payer l’incurie généralisée des autres.
Alors toujours persuadé que c’est une escarmouche dont on parle ?