Un constat terrible !
Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais notre système bancaire est en totale déconfiture ! La plupart des banques françaises sont en faillite virtuelle ! Leurs dettes et engagements dépassent largement leurs fonds propres.
Leurs bilans comportent des actifs qui ne valent plus rien, les fameux titres toxiques CDO et CDS !
Aujourd’hui, si tous les créanciers, épargnants et clients venaient à réclamer leur argent tous en même temps, ils trouveront la porte de leur banque fermée ! L’argent envolé !
Prenons l’exemple de la Société Générale que nous connaissons bien maintenant. Cette banque vient de déclarer un montant de 1089 milliards d’euros de dettes constatées au 31 décembre 2008 et à la même date, un montant total de Fonds Propres (Capital) de 41 milliards d’euros.
A ceci près que, comme je l’ai indiqué dans mon précédent billet, ces 41 milliards ne seront plus que 31 milliards après avoir enlevé les 10 milliards de prêts consentis par les organes financiers de l’Etat que sont les Société Française de Financement de l’Economie (SFFE) et Société de Prise de Participation de l’Etat (SPPE), et que la banque a comptabilisé dans ses fonds propres pour artificiellement en améliorer le ratio (Sic !)
Comment est-ce possible, vous allez vous demander ? Où est la différence entre les 31 milliards d’un côté et les 1089 milliards de
l’autre ?
La différence se trouve du côté des investissements que la Société Générale a réalisés : Les prêts consentis à ces clients particuliers et entreprises, les
bâtiments ainsi que les titres et reconnaissances de dettes qu’elle détient sur les autres banques nationales et internationales.
Aux 31 décembre 2008, la banque a déclaré 488 milliards d’euros de titres
financiers détenus sur des tiers. Parmi ces titres il y a bien sûr les CDO pourris de la banque Lehman et d’autres organismes financiers Américains et Européens.
C’est justement au niveau de ces titres que se posent les questions qui empêchent Madame Christine LAGARDE de bien dormir :
- Parmi ces 488 milliards d’actifs, à combien se montent ceux désignés comme toxiques ?
- Les titres toxiques détenus ne valent rien et doivent être provisionnés à 100%. La banque as-t-elle respecté cette règle ?
- Sinon, à combien se monte la provision réellement passée en % de chacun de ces titres ?
Dans un rapport tenu secret, la commission des finances de Bruxelles a estimé que la partie toxique du portefeuille de titres financiers détenu par l’ensemble des banques européennes doit représenter en moyenne 44% de la valeur totale de ces titres. Ceci équivaut à un risque global européen de l’ordre de 21 000 milliards d’euros. A titre de comparaison, le même type de risque estimé pour l’ensemble du système bancaire Américain n’est que de 3 000 milliards de $ !!
Ceci veut dire que l’ampleur de la crise financière, que nous connaissons, tient plus des pratiques douteuses des banques Européennes (y compris Françaises) que de la propagation des produits toxiques Américains comme nous le répètent nos politiciens, à longueur de journée !
La presse internationale a eu vent de ce rapport secret et le TELEGRAPH.co du 11 février 2009 en a publié des extraits qu’il a malheureusement effacé dans les deux heures qui ont suivies sous la pression de politiques européens complètement affolés à l’idée que le grand public puisse être au courant de l’état de déliquescence dans le quel se trouvent les banques du continent.
Le journal a tout de même maintenu l’article alarmant sans toutefois donner les chiffres !
http://www.telegraph.co.uk/finance/financetopics/financialcrisis/4590512/European-banks-may-need-16.3-trillion-bail-out-EC-dcoument-warns.html
Et en France quels sont les risques ?
Probablement du même niveau ! Ce qui veut dire que dans notre exemple, la Société Générale doit détenir des produits toxiques d’une valeur brute totale de
215 milliards d’euros et que par prudence, elle doit les inscrire en pure perte. Et dans ce
cas :
Pff !! Plus de Fonds Propres ! Plus de banque ! Impossibilité de rembourser les clients !
L’Etat (C'est-à-dire nous les contribuables) sera obligé dans ce cas, de couvrir l’ensemble des créanciers pour lesquels il a donné sa garantie.
D’ailleurs Monsieur Frédéric OUDEA le nouveau DG de la Société Générale, a tout de suite compris qu’il était assis sur un siège éjectable puisqu’il vient de se faire
octroyer par un conseil d’administration complaisant, un parachute doré de 4 millions d’euros ou 3 ans de salaire
(excusez du peu !), qui lui seront versés en cas de perte d’emploi.
Ce parachute net de charges sociales et d’impôt viendra s’ajouter à toutes autres indemnités légales, stocks options, primes et autres congés payés dus en cas de départ ou de cessation d’activité ! (Voir page 406 du Document de Référence 2009).
http://www.amf-france.org/DocDoif/txtint/RAPOSTPdf/2009/2009-009500.pdf
Pas folle la guêpe !
(Lire la suite dans : The day After Tomorrow
(2) )
Frenchy 14 mars 2009
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