Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /Mai /2008 21:21

Monsieur François Fillon Premier Ministre,

 

Répondant à la question du Journaliste qui vous a reçu sur une grande radio nationale, concernant les hausses vertigineuses du carburant, vous avez déclaré le jeudi 13 mars 2008 :

 

«Que c’était la seule solution face à "une pénurie annoncée" et qu'il n'y a pas de moyens artificiels pour baisser le prix de l'essence » !

 

Vous êtes un fieffé menteur Monsieur le Premier Ministre car il n’y a jamais eu autant de pétrole que maintenant et il existe bien un moyen de faire baisser les prix de l’essence : Contrôler la spéculation outrancière des banquiers et compagnies pétrolières sur les marchés de produits dérivés !!  

 

 

Au cours des huit dernières années les prix du pétrole brut, de l’essence et du gaz naturel ont augmenté de manière très significative. Le pétrole brut qui se négociait entre 25 $ - 30 $ le baril en 2000, a atteint aujourd’hui le prix de 127 $ et la tendance du marché prévoit un prix autour de 150-200 $ le baril.

 

Le prix moyen à la pompe d’un litre d’essence sans plomb en France est passé de 0,61 € (4 Frs) en 2000, à 1,45 € aujourd’hui enregistrant une hausse de 238% en huit ans !

 

Au cours de la même période, le prix du gaz naturel a été multiplié par quatre pour atteindre des chiffres de l’ordre de 650 à 800 $ la tonne achetée par des consommateurs particuliers comme par les entreprises.

 

Le simple jeu de l’offre et de la demande sur un marché capitaliste « libre » ne suffit pas à expliquer ces hausses colossales !

 

Certes, la demande mondiale de produits pétroliers bruts et raffinés, a été fortement soutenue par l’industrialisation à marche forcée de la Chine, la croissance à deux chiffres de l’Inde et l’explosion du trafic aérien, mais la production pétrolière et gazière a suivi la courbe de la demande sans problème. Preuve en est donnée par les augmentations de stocks stratégiques de produits énergétiques dans tous les pays développés. Au sein de l’OCDE, les stocks stratégiques de pétrole n’ont jamais été aussi hauts depuis 20 ans et aux Etats-Unis, depuis 8 ans !

D’autres facteurs géopolitiques peuvent aussi expliquer une partie de ces hausses. Exemples : L’instabilité politique au Nigeria, la radicalisation des relations entre les Etats-Unis et certains pays producteurs : Iran, Vénézuella.., Etc.

 

Le Nigeria qui théoriquement produit 2,5 millions de baril/jour, a fortement diminué sa capacité (-20%) du fait des problèmes de sécurités qui se posent au personnel sur les sites d’exploitation. Le pays a également, et pour les même raisons, arrêté toute recherches et exploration.

 

En Irak, on estime que la production est à la moitié des capacités du pays avant qu’il ne soit envahi par les Américains et les Anglais.

 

D’autres pays ont sous leurs pieds, des réserves estimées importantes et non encore développées pour des raisons stratégiques (la Russie), de manque de compétences locales (Le Venezuela), de politique interne (Le Mexique) ou encore de corruption et d’incompétence (L’Arabie Saoudite).

 

Les seules réserves connues, faciles à extraire et non encore exploitées en Alaska, représentent  deux siècles de consommation, à son rythme actuel, pour l’ensemble du continent Nord-Américain    

 

L’idée selon laquelle la planète va se retrouver sans ressources pétrolières dans 40 ans, est une fausse rumeur divulguée et reprise par les médias officiels de tous les pays développés, pour faire accepter des hausses autrement inconcevables et inacceptables par la plupart des gens.

 

Pensez que cette fausse rumeur est dans l’intérêt des grandes compagnies pétrolières qui n’ont jamais gagné autant d’argent, des banquiers et fonds d’investissement qui ont spéculés sur les hausses massives de prix sur le marché des dérivés, des Etats qui sont ravis de voir les rentrées de taxes littéralement exploser et enfin des pays producteurs de pétrole et de gaz naturel qui engrange des sommes colossales.

 

Les seuls qui sont mécontents sont ceux qui paient la facture : Vous et moi !   

 

Tous ces risques politiques ne peuvent, selon les spécialistes, qu’expliquer 10 $ de variation par rapport à un prix de marché qui doit tourner autour de 50-60 $ le baril au lieu des 127 $ d’aujourd’hui !

 

La différence relève de la pure spéculation accomplie par des banquiers véreux qui veulent se refaire une santé financière après la débâcle des « subprimes » !!

 

Les grandes institutions financières : Banques d’investissement, Fonds de placement, Gestionnaires de Fonds de retraites… ; ont investi, ces dernières années, des sommes colossales se chiffrant en centaines de milliards de dollars sur les marchés des matières premières énergétiques et agricoles qu’on appelle « dérivés » dans le but (toujours de faire de l’argent) de rendre les fonds investis moins volatiles en les raccrochant à des marchés de produits physiques réels échangés tous les jours sur les marchés mondiaux ;

 

Contrairement aux opérateurs économiques réels, ces banquiers spéculateurs ne sont intéressé, que par l’évolution des prix sur laquelle il vont parier, comme au casino, à la hausse comme à la baisse.

 

Sauf que, la demande d’un baril de pétrole exprimée par l’achat d’un contrat à terme spéculatif (marché virtuel), est aussi réelle pour les pays producteurs, que celle exprimée sur le marché physique, et ces spéculation ont créé une demande supplémentaire et, par le simple effet mécanique d’élasticité, ont déclenché l’explosion des prix que l’on a vu ces dernières semaines.

 

Conscient de la gravité de la situation, le Sénat Américain a ordonné une enquête publique autour de ces phénomènes spéculatifs, demandant la production d’un rapport pour orienter l’action du gouvernement dans le but de juguler cette spéculation.

 

Publié en juin 2006, le rapport du Sénat pointait un doigt accusateur vers la spéculation outrancière des banquiers et grandes compagnies pétrolières, qui explique au minimum 60% du cours du pétrole.

 

Les résultats de cette spéculation étaient tellement prévisibles que des experts analystes avaient déjà  prévu en 2006, que le prix du baril allait franchir les 100 $ en début 2008 !!

http://www.dailykos.com/story/2006/4/18/172058/600

 

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